dimanche 19 mars 2017

Les doubles couteaux dans les arts martiaux en Chine du sud [partie 6]

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Texte de Benjudkins, traduit et adapté par Véronique

Le Hudiedao comme marqueur de l’Orient exotique dans les photographies anciennes

Alors que les débuts de la photographie se situent à la fin des années 1820, ce système fiable de représentation n’est entré dans les us que vers 1850. C’est donc la période qui nous intéresse. Celle de la création de Hong Kong, de l’expansion des échanges portuaires, de l’augmentation des contacts entre Chine et occident. Peu à peu la photo aida à la compréhension de la Chine, que ce soit au sujet des collections privées, dans les journaux, dans les « guides de voyage ».

Divers types de doubles épées apparaissent dans les photos prises dans le Sud de la Chine. Une des photos les plus intéressantes montre une milice rurale dans le delta de la rivière des Perles, près de Guangzhou vers la fin des années 1850 (seconde guerre de l’Opium) L’unité est composée de 7 hommes, tous jeunes, 4 d’entre eux ont un bouclier, 1 seul a une arme à feu. Chacun porte un casque en paille (chose normale dans les milices de village à cette époque). Le personnage le plus intéressant est le porte drapeau du groupe. En plus d’être armé d’une lance il a également des hudiedao à sa ceinture.


La garde en D, l’ergot et le fourreau en cuir sont nettement visibles. Sur la photo il est difficile de dire s’il y a une ou deux épées dans le fourreau, mais on peut décemment supposer qu’il s’agit de deux pièces.
La photo suivante de la série confirme qu’il s’agit de véritables hudiedao et qu’il s’agit du modèle avec lame longue et étroite.


On le voit également dans la 3ème photo, derrière le bouclier en rotin.
Ces images sont un témoignage inestimable de la variété d’armes portées par les milices de villages à Guangdong à cette époque.


La photo suivante, de la même période, nous montre une vue merveilleusement détaillée des armes, mais on ne sait pas quelles étaient les conditions de la prise de vue. On la suppose comme datant des années 1860. Elle fut prise soit à San Francisco, soit à Hong Kong. Sur le verso il y a un tampon « G Harrison Gray » (sans doute le photographe)
Des photos telles que celle-ci ont pu être faites soit pour les vendre à l’un des modèles soit pour en faire des images à vendre au grand public.


Le jeune homme sur la photo (simplement nommé « soldat chinois ») est représenté avec son casque en paille, et deux hudiedao exceptionnellement longs. La lame peut servir à la taille et l’estoc, la garde est relativement fine et l’ergot est moins imposant que sur certains autres exemples.  Il est intéressant de voir que le modèle sur la photo tient l’épée horizontale le tranchant dirigé vers lui-même. Il était courant à l’époque pour les photographes, d’acquérir des costumes, meubles et éventuellement armes pour ensuite faire des photos scénographiées. On peut supposer que les armes appartenaient à M. G Harrison Gray ou au studio pour lequel il aurait travaillé, et que le modèle n’avait jamais utilisé de hudiedao avant cela.
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